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Nuits de saison

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Printemps

Printemps : changement d'heure et asperges

Fin mars, on perd une heure en une nuit, et les soirées s'allongent à vue d'œil. C'est aussi le retour des légumes croquants sur les étals : radis, asperges, petits pois, puis les premières fraises.

Une heure de moins, un dimanche de mars

Le passage à l'heure d'été a lieu chaque année le dernier dimanche de mars : à 2 heures du matin, il est soudain 3 heures. Sur le papier, il ne s'agit que d'une heure. Dans les faits, beaucoup de gens mettent plusieurs jours à s'y faire : réveil pénible le lundi, sommeil qui tarde à venir à l'heure habituelle, appétit décalé au déjeuner.

La raison tient à l'horloge interne, qui ne se règle pas d'un tour de molette. Elle suit la lumière du jour et les habitudes, et se recale progressivement. Ceux qui ont un tempérament « du soir » le sentent souvent davantage, car avancer l'heure du coucher leur demande plus d'effort. Les enfants aussi peuvent traîner le décalage quelques jours.

Décaler par petits pas

La méthode la plus simple consiste à anticiper. Trois ou quatre jours avant le changement, avancez le dîner et le coucher d'un quart d'heure par jour. Le samedi soir, vous êtes déjà presque à l'heure nouvelle, et le dimanche passe sans heurt.

Si vous n'avez pas anticipé, le principe reste valable après coup :

Rien ne presse : au bout d'une semaine, la plupart des gens n'y pensent plus.

Des soirées qui s'allongent

Mi-mars, le soleil se couche vers 18 h 55 ; mi-avril, vers 20 h 42. Une partie de ce bond vient de l'heure d'été, l'autre de la saison elle-même, puisque la durée du jour progresse alors de près de quatre minutes par jour. Le calendrier des levers et couchers, mois par mois, montre bien cette accélération : entre mi-mars et mi-mai, la nuit raccourcit de près de trois heures et demie.

Ces soirées claires ont un charme évident. Elles invitent à rester dehors, à dîner plus tard, à repousser le moment de rentrer. Le risque, c'est de glisser chaque soir un peu plus loin, jusqu'à se coucher bien après l'heure habituelle tout en se levant toujours à la même heure. Un repère simple : fixer son heure de coucher indépendamment de la couleur du ciel.

Rideaux occultants et lumière du matin

Dès avril, le jour se lève vers 7 heures, et en mai vers 6 heures. Dans une chambre sans volets, la lumière entre bien avant le réveil. Des rideaux occultants ou un store opaque gardent la pièce sombre jusqu'à l'heure choisie. Un masque de nuit fait l'affaire en voyage ou chez des amis. Pensez aussi aux lumières de la rue et aux écrans en veille, qui deviennent plus visibles dès que la chambre est vraiment noire : un petit ruban adhésif sur une diode suffit parfois.

À l'inverse, une fois levé, mieux vaut ouvrir grand. La lumière du printemps est déjà franche au petit matin, et la recevoir tôt est une façon simple de garder un rythme stable. Les semaines de nuits interminables et de potages de l'hiver sont derrière vous ; le petit-déjeuner peut enfin se prendre au soleil.

Radis, asperges et petits pois

Le printemps se mange croquant. Les premiers radis arrivent en mars, en bottes serrées, à croquer avec un peu de beurre et de sel. Les asperges suivent en avril et durent jusqu'en juin. Blanches, vertes ou violettes, elles se cuisent à la vapeur ou à l'eau, une dizaine de minutes selon leur grosseur, et se servent tièdes avec une vinaigrette moutardée. Les blanches s'épluchent du haut vers le bas, à l'économe ; les vertes, plus fines, se contentent souvent d'un simple rinçage. Un œuf mollet, un peu de jambon cru ou quelques copeaux de fromage suffisent à en faire un dîner complet, servi encore tiède sur le balcon quand la soirée le permet.

Botte de radis roses aux fanes vertes posée sur une table
Radis en botte, premier croquant de la saison

Les petits pois frais, qu'il faut écosser, se trouvent de mai à juillet. Les écosser à deux, en bavardant, a quelque chose de convivial ; on les fait ensuite cuire quelques minutes avec une laitue et des oignons nouveaux, à la française. Avec les fèves, les blettes et les jeunes salades, ils composent des dîners légers qui changent des racines de l'hiver.

Fraises et cerises, en fin de saison

Les fraises de pleine terre arrivent en mai, les cerises vers la fin du printemps, en général à partir de fin mai ou de juin. Un bol de cerises en dessert, au dîner, compte parmi les petits plaisirs de juin. On lit parfois que la cerise aurait un effet sur le sommeil : disons-le clairement, aucune allégation n'est autorisée à ce sujet. On la mange pour son goût, et c'est déjà beaucoup.

Bol blanc rempli de cerises rouges avec leurs queues
Les cerises annoncent la fin du printemps

Avec juin vient le solstice, et une autre question : celle des nuits brèves et étouffantes de l'été, quand la chambre sous les toits garde la chaleur de la journée bien après le coucher du soleil.

Repères généraux, pas un avis médical. Ce carnet ne remplace ni une consultation ni l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien. Si les nuits restent difficiles plusieurs semaines de suite, quelle que soit la saison, parlez-en à votre médecin.