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Nuits de saison

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Hiver

Hiver : nuits longues et soupes du soir

En janvier, la nuit dure plus de quinze heures. On part travailler dans le noir, on rentre dans le noir, et l'on passe l'essentiel de la journée sous l'éclairage artificiel. Quelques habitudes simples redonnent du relief à ces semaines-là, à table comme dans la chambre.

Quinze heures de nuit

Mi-janvier, le soleil se lève vers 8 h 40 et se couche vers 17 h 20. Entre les deux, à peine plus de huit heures et demie de jour ; autour du 21 décembre, la nuit frôle même 15 h 45. Le tableau complet des levers et des couchers montre que décembre et janvier forment le creux de l'année.

Sur le papier, ces longues nuits devraient laisser tout le temps de dormir. Dans la pratique, beaucoup de gens se sentent plutôt engourdis : lever difficile dans le noir, coup de mou en milieu d'après-midi, envie de se coucher tôt sans forcément mieux dormir ensuite. Ce n'est ni une fatalité ni le signe d'un problème. C'est la saison, et elle se traverse mieux quand on en connaît les pièges.

Une journée passée sous les plafonniers

Le vrai manque, en hiver, c'est la lumière naturelle. Un bureau bien éclairé reste nettement moins lumineux qu'un ciel couvert de janvier, même gris. Celui qui part avant le lever du soleil et rentre après son coucher peut passer des jours entiers sans voir le dehors autrement qu'à travers une vitre.

Or la clarté du matin est l'un des signaux qui recalent l'horloge interne chaque jour. D'où une habitude de bon sens : sortir dès que le jour est levé, même une vingtaine de minutes. Descendre une station plus tôt, faire le dernier tronçon à pied, prendre son café près d'une fenêtre, déjeuner dehors quand le ciel le permet. Le week-end, une promenade en fin de matinée vaut mieux qu'une grasse matinée prolongée jusqu'à midi, qui décale tout le reste de la journée.

Une chambre fraîche, pas froide

La tentation, quand il gèle, est de pousser le chauffage partout. Pour la chambre, le repère couramment donné se situe entre 16 et 19 °C. Une pièce trop chaude assèche l'air et rend la couette pesante ; une pièce glaciale fait se recroqueviller sous les draps. Mieux vaut une bonne couette et une chambre tempérée qu'un radiateur à fond toute la nuit.

Aérer dix minutes chaque jour, même par grand froid, renouvelle l'air sans refroidir les murs. Les chaussettes au lit ont leurs adeptes, qui ne supportent pas d'avoir les pieds gelés sous la couette, et une bouillotte remplie d'eau chaude reste un vieux plaisir d'hiver.

Bol de velouté de courge orangé avec un filet de crème
Velouté de courge, classique des dîners de janvier

Les soupes du soir

L'hiver est la saison des soupes, et ce n'est pas un hasard de calendrier : sur les marchés de Paris comme ailleurs, les étals ne proposent plus guère que des légumes racines, des choux, des courges et des poireaux. Une soupe en fait un dîner chaud, simple et peu coûteux. Poireaux et pommes de terre, carottes au cumin, potiron, céleri-rave, panais : chaque semaine en offre une variante.

Pour qu'elle tienne au corps sans peser, on peut y ajouter une poignée de lentilles corail, qui cuisent en vingt minutes, ou servir à côté une tranche de pain complet et un morceau de fromage. Les légumineuses, lentilles, pois cassés ou haricots secs, apportent des fibres et des protéines végétales. La table de composition Ciqual permet de comparer leurs teneurs d'un aliment à l'autre, chiffres à l'appui.

Un dîner chaud mais pas lourd

Le soir, l'idée est de manger chaud sans quitter la table l'estomac plein à craquer. Les plats en sauce, les fritures et les repas très copieux pris tard restent longs à digérer, et beaucoup de gens le sentent une fois couchés. Un dîner terminé deux à trois heures avant le coucher laisse de la marge.

Avec la nuit qui tombe tôt, rien n'empêche d'avancer l'heure du repas. Dîner à 19 h 30 en janvier n'a rien d'étrange, et la soirée qui suit paraît plus longue, plus calme aussi. Pour la fin du repas, un yaourt, une compote tiède ou une pomme cuite au four avec un peu de cannelle font des desserts simples, qui prolongent la chaleur du plat sans alourdir la table. Le pain d'épices, en tranche fine, garde lui aussi sa place dans les cuisines de janvier.

Verre de lait posé près de bougies allumées sur une table
Le verre de lait du soir, un rituel plus qu'une recette

Et le lait chaud ? Pour beaucoup, c'est un rituel de famille, une boisson douce que l'on boit en lisant. Il faut le dire franchement : aucune allégation n'est autorisée sur le lait chaud et le sommeil, pas plus que sur le tryptophane qu'il contient. On peut l'aimer pour son goût et sa chaleur, sans lui prêter de pouvoirs.

Kiwis, agrumes et fruits d'hiver

Côté fruits, l'hiver n'est pas si pauvre. Oranges, clémentines, pamplemousses et kiwis sont en pleine saison entre décembre et mars. Ils apportent de la vitamine C à une période où les fruits d'été ont disparu des étals, et leur acidité réveille un repas de racines. Le kiwi traîne une réputation de « fruit du soir » ; là encore, aucune allégation n'est autorisée en ce sens. Pommes et poires de garde complètent la corbeille jusqu'au printemps.

Pour ceux qui s'interrogent sur la mélatonine, le magnésium ou la vitamine B6, une page à part détaille ce que les textes européens admettent, et rien de plus. Et si vous arrivez en décembre en ayant déjà pris goût aux dîners de courges et de châtaignes de l'automne, l'hiver ne fera que prolonger la saison des plats mijotés.

Repères généraux, pas un avis médical. Ce carnet ne remplace ni une consultation ni l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien. Si les nuits restent difficiles plusieurs semaines de suite, quelle que soit la saison, parlez-en à votre médecin.