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Toute l'année
Le calendrier des nuits à Paris, mois par mois
Entre décembre et juin, la nuit gagne ou perd près de huit heures. Ce calendrier reprend, mois par mois, les heures de lever et de coucher du soleil à Paris, et ce qu'elles changent à nos soirées.
Huit heures d'écart entre décembre et juin
Ce carnet part d'un constat simple : la nuit n'a pas la même longueur toute l'année. Entre le solstice d'hiver et le solstice d'été, la durée de l'obscurité varie d'environ huit heures sous notre latitude. Le 21 décembre, le soleil reste levé à peine plus de 8 heures et la nuit dure près de 15 h 45. Le 21 juin, c'est l'inverse : un peu plus de 16 heures de jour, et une nuit qui tient en moins de 8 heures.
Nos horaires, eux, bougent peu. Le corps, pourtant, perçoit ces écarts de lumière. L'horloge interne, que les biologistes rattachent au rythme circadien, se cale en bonne partie sur l'alternance du jour et de la nuit. Regarder le calendrier des levers et des couchers, c'est comprendre pourquoi certaines saisons paraissent plus faciles que d'autres pour se coucher à heure fixe ou pour se lever.

Le tableau, mois par mois
Les heures ci-dessous ont été calculées pour Paris, le 15 de chaque mois, en heure légale. Elles sont arrondies et valent à quelques minutes près. La durée de la nuit correspond au temps qui sépare le coucher du soleil de son lever le lendemain.
| Mois | Lever | Coucher | Durée de la nuit |
|---|---|---|---|
| Janvier | 8 h 39 | 17 h 21 | 15 h 18 |
| Février | 8 h 00 | 18 h 11 | 13 h 49 |
| Mars | 7 h 05 | 18 h 55 | 12 h 10 |
| Avril | 7 h 01 | 20 h 42 | 10 h 19 |
| Mai | 6 h 09 | 21 h 25 | 8 h 44 |
| Juin | 5 h 46 | 21 h 56 | 7 h 51 |
| Juillet | 6 h 03 | 21 h 50 | 8 h 13 |
| Août | 6 h 43 | 21 h 07 | 9 h 36 |
| Septembre | 7 h 26 | 20 h 04 | 11 h 22 |
| Octobre | 8 h 10 | 19 h 02 | 13 h 08 |
| Novembre | 7 h 59 | 17 h 11 | 14 h 48 |
| Décembre | 8 h 37 | 16 h 54 | 15 h 43 |
Plusieurs choses sautent aux yeux. Janvier et décembre se ressemblent : le soleil se lève après 8 h 30 et se couche avant 17 h 30. Juin compte près de huit heures de nuit en moins. Et la bascule n'a rien de régulier : entre février et mai, la nuit perd plus de cinq heures, soit en moyenne plus d'une heure et demie par mois.
Solstices et équinoxes, les quatre bornes
Les solstices marquent les extrêmes. Autour du 21 juin, la journée atteint son maximum, environ 16 h 11 ; autour du 21 décembre, son minimum, environ 8 h 15. Les équinoxes, vers le 20 mars et le 22 ou 23 septembre, sont les moments où le jour et la nuit ont à peu près la même durée, une douzaine d'heures chacun.
Ce qui surprend souvent, c'est la vitesse du changement autour des équinoxes. Près des solstices, la durée du jour varie très lentement, de quelques secondes à une minute d'un jour à l'autre. En mars et en septembre, au contraire, on gagne ou l'on perd près de quatre minutes de lumière chaque jour. C'est à ces périodes que l'on a l'impression que les soirées fondent, ou s'étirent, d'une semaine sur l'autre.
L'heure d'été brouille les repères
Au tableau s'ajoute une convention : l'heure d'été. Du dernier dimanche de mars au dernier dimanche d'octobre, les horloges avancent d'une heure. Le soleil ne change rien à sa course, mais nos montres affichent un coucher plus tardif. C'est pour cela qu'en avril le coucher bondit de 18 h 55 à 20 h 42 dans le tableau, et qu'entre mai et juillet le soleil ne disparaît qu'après 21 heures.
Le revers se lit le matin. Mi-octobre, juste avant le retour à l'heure d'hiver, le jour ne se lève qu'après 8 heures. Le changement d'heure de fin octobre redonne un peu de clarté au réveil pendant quelques semaines, puis la nuit regagne du terrain jusqu'à Noël. Ces deux bascules décalent d'une heure, du jour au lendemain, le moment du repas et du coucher par rapport à la lumière.

Ce que cela change pour le dîner et le coucher
La lumière du matin et celle du soir ne jouent pas le même rôle. La clarté matinale est l'un des signaux les plus nets qui recalent l'horloge interne chaque jour. Une lumière vive tard le soir, à l'inverse, tend à repousser l'heure à laquelle on se sent prêt à dormir, chez beaucoup de gens du moins.
Concrètement, voici quelques repères, à adapter selon les personnes :
- En hiver, quand la nuit tombe avant 17 h 30, l'envie de dîner plus tôt est fréquente. Rien n'oblige à attendre 21 heures : un repas chaud vers 19 h 30 laisse le temps de digérer avant de se coucher.
- Au printemps et en été, le soleil encore haut à 21 heures pousse à tout décaler. Garder une heure de lever régulière limite la dérive.
- Autour des changements d'heure, avancer ou reculer ses horaires par petits pas, sur quelques jours, plutôt que d'un bloc.
- Toute l'année, chercher la lumière du jour le matin, même brièvement : un trajet à pied, un petit-déjeuner près de la fenêtre.

Une saison après l'autre
Chaque saison a ses contraintes propres. Les longues nuits de décembre et janvier posent la question de la lumière du matin, du chauffage de la chambre et des soupes du soir. Le passage à l'heure d'été et les premières asperges bousculent les horaires au printemps. En juillet, ce sont les nuits chaudes sous les toits de zinc qui occupent les esprits. Puis vient la rentrée, avec le retour à l'heure d'hiver et les courges.
Reste la question que beaucoup se posent quand les nuits deviennent difficiles : la mélatonine ou le magnésium servent-ils à quelque chose ? Pour s'en tenir aux faits, une page fait le point sur ce que la réglementation européenne reconnaît vraiment, sans rien promettre de plus que les textes.
Repères généraux, pas un avis médical. Ce carnet ne remplace ni une consultation ni l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien. Si les nuits restent difficiles plusieurs semaines de suite, quelle que soit la saison, parlez-en à votre médecin.