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Nuits de saison

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Automne

Automne : le retour des horaires et des courges

Septembre remet les réveils à l'heure, octobre recule les aiguilles d'une heure, et la nuit regagne chaque soir quelques minutes. À table, les courges, les châtaignes et les pommes reviennent juste au bon moment.

La rentrée remet de l'ordre dans les soirées

Après l'été, ses dîners tardifs en terrasse et ses couchers repoussés au gré de la chaleur, septembre a quelque chose de rassurant. Les écoles rouvrent, les bureaux se remplissent, le réveil sonne de nouveau à heure fixe. Pour beaucoup de gens, c'est le moment où les soirées retrouvent une forme : on dîne à peu près à la même heure, on se couche à peu près à la même heure, et le reste suit.

Cette régularité compte plus qu'on ne le croit. L'horloge interne se cale sur des signaux qui reviennent chaque jour : la lumière du matin, l'heure des repas, celle du lever surtout. Plutôt que de viser un coucher très tôt dès la première semaine, mieux vaut fixer d'abord l'heure du réveil, y compris le samedi, et laisser l'heure du coucher se placer d'elle-même au bout de quelques jours. Ceux qui ont gardé des habitudes d'été trop décalées peuvent avancer leur dîner d'un quart d'heure tous les deux ou trois jours, comme on le fait au moment où l'on passe à l'heure d'été.

Le dernier dimanche d'octobre, une heure rendue

Le passage à l'heure d'hiver a lieu chaque année dans la nuit du dernier samedi au dernier dimanche d'octobre : à 3 heures du matin, il est de nouveau 2 heures. On « gagne » une heure de sommeil sur le papier, et la plupart des gens s'en accommodent sans peine. C'est le plus facile des deux changements, parce qu'il va dans le sens de la pente naturelle de beaucoup d'entre nous, qui se coucheraient volontiers un peu plus tard.

Quelques détails méritent pourtant attention. Les jeunes enfants se réveillent à leur heure habituelle, donc une heure plus tôt à la pendule, pendant quelques jours. L'appétit aussi garde ses repères : le dîner de 20 heures tombe soudain à ce que le ventre considère comme 21 heures. Avancer un peu le repas du soir la première semaine, puis revenir progressivement à l'horaire habituel, évite de passer à table affamé et de grignoter en attendant.

Table du soir dressée avec des bougies allumées et un bouquet de fleurs séchées
Fin octobre, le dîner se prend de nouveau à la lumière des bougies.

Des matins plus clairs, puis la nuit qui gagne

Juste avant le changement d'heure, à la mi-octobre, le soleil se lève vers 8 h 10 à Paris : les matins sont franchement sombres et l'on part travailler sous la lumière des lampadaires. Le recul d'une heure offre un répit. Début novembre, le jour se lève de nouveau avant 7 h 30, et pendant quelques semaines, le trajet du matin redevient lumineux.

Le répit ne dure pas. La nuit passe d'un peu plus de 13 heures à la mi-octobre à près de 15 heures à la mi-novembre, et le soleil se couche désormais avant 17 h 15. Le tableau des nuits mois par mois montre bien cette accélération : l'automne est la saison où les jours raccourcissent le plus vite. D'où l'intérêt de profiter des matins clairs de novembre pour sortir tôt, marcher un quart d'heure, prendre le café près d'une fenêtre. Le soir, à l'inverse, on peut baisser les lampes plus tôt et tenir les écrans lumineux à distance de l'oreiller.

Le dîner redevient chaud

Avec la fraîcheur, l'envie change. Les salades composées de l'été cèdent la place aux potages, aux gratins, aux plats mijotés. Rien de compliqué : une soupe épaisse, un morceau de pain, un fromage, un fruit, et le repas du soir tient debout.

La seule précaution relève du bon sens. Chez beaucoup de gens, un dîner copieux, riche en graisses et avalé juste avant de se coucher laisse une sensation de lourdeur peu compatible avec une nuit tranquille. Mieux vaut un plat chaud mais simple, servi deux à trois heures avant le coucher, quitte à garder les recettes plus généreuses pour le déjeuner du dimanche. L'hiver et ses soupes du soir prolongeront la même logique, avec des nuits encore plus longues.

Courges, châtaignes, pommes : le marché d'automne

Octobre est le mois où les étals changent de couleur. Les courges arrivent en tas : potimarron à la peau qu'on ne pèle pas, butternut à la chair douce, courge musquée vendue en tranches, spaghetti qu'on effiloche à la fourchette. Rôties au four avec un filet d'huile, en velouté ou en purée, elles se gardent plusieurs semaines entières dans un endroit frais, ce qui permet d'en avoir toujours une d'avance.

Les châtaignes suivent de près. Grillées dans une poêle percée, cuites à l'eau puis écrasées, ou ajoutées à une poêlée de champignons, elles apportent au dîner une douceur farineuse qui annonce l'hiver. Les pommes, enfin, sont au sommet de leur saison : reinette pour la compote, boskoop pour les tartes, variétés croquantes pour la main. Une pomme cuite au four avec un peu de cannelle fait un dessert du soir modeste et réconfortant.

Tasse de lait posée à côté d'une pomme sur un torchon à carreaux
Une pomme et une tasse de lait : le goûter d'automne, sans prétention.

Noix, poires et fromage pour finir

Les noix fraîches se vendent dès la fin septembre, encore humides dans leur coque ; les noix sèches prennent le relais pour tout l'hiver. Les amandes et les noisettes complètent la coupelle. Quelques cerneaux sur une salade d'endives, une poignée sur un fromage blanc, et voilà un dessert prêt en une minute.

Bol d'amandes entières posé sur une table sombre
Amandes, noix, noisettes : la coupelle de l'automne se remplit.

Les poires, plus fragiles que les pommes, demandent qu'on les surveille : conférence, williams et comice mûrissent vite une fois rentrées dans la cuisine. Avec un morceau de fromage de saison, un comté affiné ou un bleu, elles composent une fin de repas qui se passe de dessert sucré. L'automne n'invente rien : il remet à table ce qui mûrit au même moment, et il suffit de suivre le marché pour que le dîner suive les nuits.

Repères généraux, pas un avis médical. Ce carnet ne remplace ni une consultation ni l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien. Si les nuits restent difficiles plusieurs semaines de suite, quelle que soit la saison, parlez-en à votre médecin.