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Été : nuits chaudes sous les toits
En juin, la nuit dure moins de huit heures, et en juillet elle peut rester chaude jusqu'au matin. Sous les toits de zinc de Paris, la chambre devient parfois une étuve. Voici comment s'organiser, du lever au dîner.
Les nuits les plus courtes de l'année
Autour du 21 juin, le soleil se lève vers 5 h 45 et se couche vers 22 heures. La nuit tient en moins de 8 heures, et le ciel garde une lueur bleutée longtemps après le coucher du soleil. Le repère du solstice dans le tableau annuel le montre : c'est presque l'inverse exact de décembre.
À cette brièveté s'ajoute la chaleur. Juillet et août n'ont pas les nuits les plus courtes, mais ce sont souvent les mois les plus chauds. Lors des épisodes de canicule, il arrive que le thermomètre ne redescende presque pas de la nuit, et c'est là que les choses se compliquent.
Sous le zinc, la chaleur s'accumule
Les toits de Paris sont en grande partie couverts de zinc, posé sur des charpentes souvent peu isolées dans les immeubles anciens. Les chambres de bonne et les derniers étages encaissent la chaleur toute la journée et la restituent le soir. Quiconque a dormi sous une lucarne en juillet connaît ces nuits où l'air ne bouge pas.

Le repère courant de 16 à 19 °C pour une chambre devient alors théorique. Le but n'est plus d'atteindre une température idéale, mais de gagner quelques degrés sur la journée, et surtout d'éviter que la pièce ne se remplisse de chaleur dès le matin.
Volets fermés le jour, fenêtres ouvertes au petit matin
La règle la plus efficace est aussi la plus ancienne : fermer volets, stores et rideaux dès que le soleil frappe la façade, et garder les fenêtres closes tant que l'air extérieur est plus chaud que l'intérieur. On ouvre en grand tard le soir, quand la rue s'est un peu rafraîchie, et surtout au petit matin, entre 5 et 7 heures, souvent le moment le plus frais de la journée. Un courant d'air entre deux pièces, si l'appartement le permet, renouvelle l'air plus vite.
Quelques détails comptent aussi :
- un drap léger en coton ou en lin plutôt qu'une couette, rangée jusqu'en septembre ;
- un ventilateur, éventuellement placé face à la fenêtre ouverte la nuit ;
- une douche tiède, pas glacée, avant d'aller au lit ;
- éteindre les appareils qui chauffent, lampes halogènes comprises.
Boire dans la journée, pas tout le soir
Par forte chaleur, on transpire sans toujours s'en rendre compte. Les recommandations publiques en période de canicule insistent sur un point : boire régulièrement de l'eau tout au long de la journée, sans attendre d'avoir soif, et prendre des nouvelles des personnes âgées ou isolées de son entourage.
Le soir, en revanche, inutile de vider une carafe juste avant de se coucher : on risque surtout de se relever. Mieux vaut avoir bu suffisamment avant, et garder un verre d'eau sur la table de nuit. Les boissons alcoolisées des terrasses d'été ne désaltèrent pas, et les sodas très sucrés guère davantage.
Des dîners frais et peu gras
La chaleur coupe souvent l'appétit, et l'été s'y prête : c'est la saison des dîners légers. Tomates au basilic, concombre au yaourt, salades composées avec quelques pois chiches ou des lentilles, taboulé, gaspacho : tout cela se prépare sans allumer le four. Les plats gras, les fritures et les grillades très copieuses restent plus longs à digérer par une nuit chaude.

Le melon, en entrée ou en dessert, fait partie des fruits les plus désaltérants de la saison. On le choisit lourd, parfumé côté pédoncule, et on le garde au frais quelques heures avant de le servir. Pêches, abricots, pastèque et premières figues complètent la corbeille de juillet et d'août.

Pour qui a gardé le goût des asperges et des cerises de mai et juin, l'été prolonge simplement la saison des repas froids, avec plus de couleurs encore dans l'assiette.
Les tilleuls de juin
En juin, les avenues sentent le tilleul. Les arbres alignés le long des boulevards de Paris fleurissent pendant quelques semaines, et leur parfum sucré flotte les soirs de beau temps. Les fleurs séchées donnent une infusion douce et très ancienne, que l'on boit tiède en fin de soirée. Aucune allégation n'est autorisée sur le tilleul et le sommeil : c'est une affaire de goût et d'habitude, que la page consacrée aux infusions de saison, du tilleul à la verveine raconte plus en détail.
Quand la canicule s'installe
Lors d'une canicule, les nuits chaudes s'enchaînent et la fatigue s'accumule d'un jour sur l'autre. Les consignes publiques sont simples : rester au frais aux heures chaudes, se rafraîchir le corps avec une douche ou un linge humide, fermer les volets, boire régulièrement, prendre des nouvelles des proches fragiles. Les sorties et le sport se déplacent au petit matin, quand les rues sont encore fraîches et les parcs à peu près vides. Le dîner peut glisser un peu plus tard, une fois la chaleur retombée, à condition de rester léger. Et si la chambre reste intenable, rien n'interdit de dormir quelques nuits dans la pièce la plus fraîche de l'appartement.
Si la chaleur devient difficile à supporter ou si des signes inquiétants apparaissent, comme des maux de tête, des nausées ou une confusion, il faut appeler un médecin ou le 15 sans attendre.
Repères généraux, pas un avis médical. Ce carnet ne remplace ni une consultation ni l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien. Si les nuits restent difficiles plusieurs semaines de suite, quelle que soit la saison, parlez-en à votre médecin.